Transport Expertise Association

A new eye on transport issues…

Prix du pétrole : remise en cause des stratégies logistiques

Posted on October 9, 2008 by Matthieu Desiderio

Le pétrole remet en cause les stratégies logistiques de beaucoup de distributeurs. Ceux-ci se sont souvent distingués au cours des dernières années par leurs volontés de démontrer leurs engagements pour une logistique verte. Entrepôts HQE (Haute Qualité Environnementale), panneaux solaires sur les toits des entrepôts, flux imports remis au fleuve ou encore distribution ferroviaire sont des exemples des initiatives (“bling-bling” ?) mises en place par les grandes enseignes de la distribution.

Selon les professionnels, le transport représente la moitié des coûts logistiques. Par ailleurs, le transport représente généralement, dans la grande distribution, 1,5% du prix de vente des produits. A ce titre, les variations des prix du pétrole ont un impact direct sur le chiffre d’affaires des distributeurs.

Les solutions techniques et opérationnelles

La limitation des coûts de transport passe par une plus grande rigueur opérationnelle. Notamment, le volume total des camions n’est pas toujours utilisé de manière optimale, puisque la forme et la taille des lots consolidés à destination des magasins ne permettent pas toujours d’utiliser la hauteur complète des remorques. Des remorques à double-plancher (couramment utiliseés en lot complet, et sur certains marchés de niche du transport routier de marchandises) peuvent permettre de pallier cette perte de productivité. Pour les plus optimistes, il s’agirait d’une économie d’un véhicule sur deux. Cette option nécessite des produits de hauteur inférieure à 1 m, et de poids moyens (généralement inférieur à 400 kg/palette).

Les distributeurs peuvent aussi tenter de limiter la consommation de carburant « à la source ». Pour cela, le renouvellement du matériel, combiné à des formations à l’éco-conduite et un suivi des consommations de chaque conducteur est susceptible de diminuer de 10% la consommation totale de carburant.

Enfin, pour s’affranchir de certaines contraintes horaires de livraisons, certains distributeurs envisagent de créer des sas dans leurs magasins, sortes de locaux annexes sécurisés qui permettraient de déposer les marchandises à n’importe qu’elle heure. Cela signifierait plus de liberté dans l’organisation des transports et moins de pertes de temps dues à la congestion routière.

Boulversement des stratégies d’entreprises ?

Sur un plan stratégique, cette fois, nombreux sont les distributeurs qui prévoient une refonte de leurs implantations logistiques à moyen terme. Des entrepôts localisés plus proches des bassins de consommation généreraient, en apparence, moins de transport.

Aussi, il convient de revoir le concept de flux tendus, pourtant si fortement ancré dans le secteur de la grande distribution. Pour certains produits spécifiques, les rythmes de livraisons des magasins pourraient être largement revus à la baisse.

Le recours à des modes de transport massifiés (fleuve et fer pour les modes terrestres) permettrait notamment de limiter l’impact de la hausse des coûts du transport. A fortiori, la hausse des prix du carburant conjuguée à un coût du stockage élevé (part de plus en plus importante dans les coûts logistiques) doit favoriser un transfert modal de la part des distributeurs et chargeurs. C’est l’idée de « stock en mouvement » qui commence à voir le jour… mais commence seulement ; le concept de flux tendu étant encore prégnant.

Références

 

  • Article : Vers la fin du flux tendus ?, Navigation Ports & Industries, Mai 2008 (Edition papier)
  • Article : Le pétrole cher remet en cause la logistique des distributeurs, LSA, 28 août 2008 (Edition papier)
HH
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