La supply chain verte est incontestablement un sujet d’actualité. Le nombre d’articles de la presse spécialisée et les évènements consacrés à ce thème en sont la preuve. Pour autant, certains n’y voient qu’un effet de mode. D’autres, en revanche, saluent l’apparition de cette thématique qui marquent selon eux la volonté des entreprises de s’engager sur la voie d’un développement durable.
Cet article ne fait pas la synthèse de toutes les démarches, qui sont trop nombreuses pour être recensées. Il a le mérite de poser la première pierre de travaux visant à améliorer la connaissance des solutions environnementales développées par les entreprises.
L’observatoire de la supply chain
Le 17 avril 2008, l’Observatoire de la Supply Chain (1), organisait une conférence sur le thème “Supply chain verte : enjeux et maturité des entreprises”. La conférence comprenait notamment un discours de Mme Pappalardo, Commissaire au développement durable et ex-directrice de l’Ademe, qui mettait l’accent sur l’engagement de l’Etat en faveur du développement durable. En ouvrant la conférence, Mme Papallardo a précisé que la notion de “supply chain verte” se voulait être une démarche globale visant à minimiser l’empreinte écologique d’un produit, tout au long de son cycle de vie. Elle a rappelé que les entreprises allaient être poussées vers la prise en compte du caractère durable de leur activité par la fin de “l’ère des matières premières” et par la montée en puissance de la contrainte réglementaire.
La commissaire au développement durable a cité quelques exemples de leviers dont disposent les entreprises pour réduire leur empreinte écologique : l’amélioration des moyens de transport (normes d’émission des poids-lourds, éco-conduite, etc.), le développement de modes alternatifs à la route (notion de co-modalité chère à l’Union Européenne, report modal) et l’optimisation des installations logistiques (bâtis HQE, utilisation de panneaux photovoltaïques, récupération des eaux de pluie, réfrigérations plus performantes, optimisation du nombre et de la localisation des entrepôts). Par ailleurs, elle a appelé de ses vœux les démarches visant à transporter moins et mieux (en remettant en cause le zéro délai, le zéro stock, la sur-spécialisation), à optimiser les stocks et les tournées (massification des flux notamment), et à mutualiser les moyens avec des partenaires, à l’image des expérimentations en place aujourd’hui dans la grande distribution alimentaire. Enfin, l’ex-directrice de l’Adème a rappelé que le consommateur devenait de plus en plus mature vis-à-vis des problématiques liées à l’environnement. A ce titre, les industriels doivent adopter une éco-conception de leur produit. Cela consiste à définir les caractéristiques d’un produit spécifique en fonction de sa durabilité. La réduction des emballages fait notamment partie de ces démarches. Un des exemples significatifs évoqué par la Commissaire au développement durable est celui d’une marque de lessive qui vante les mérites de son produit en mettant l’accent sur l’aspect plus concentré de sa lessive. Le slogan est sans équivoque : “3 fois moins d’eau, donc 3 fois moins d’emballages, donc 3 fois moins de camions sur les routes !”. (more…)